Parcours de soin ou Chemin de Guérison…

Face à la croissance des pathologies chroniques et devant des nécessités de santé publique autant que
de finances, s’est mis en place ce qui a été nommé le « parcours de soin », où il s’agit d’accompagner
le patient dans des démarches diagnostiques et thérapeutiques autant qu’éducatives dans un souci de
prévention. Au cœur de ce système est censé se trouver le « médecin traitant » qui mène les choses
depuis des protocoles de soins coordonnés.
Demeure une question, est-ce que ce parcours de soin est une réponse adéquate à la question de santé
publique, mais aussi de santé personnelle, qui se pose en réalité ?
La crise sanitaire récente semble souligner les failles du système, qui dans une organisation
extrêmement compliquée, privilégie la lutte contre les maladies (ce qui est respectable) mais laisse de
côté une réelle « conduite de politique de santé individualisée ».
Alors : « Parcours de soin », ou « Chemin de guérison » ? Mais « Chemin de guérison », qu’est-ce que
cela serait ?
Cela demande, au préalable d’admettre que la guérison ce n’est pas seulement faire disparaître les
manifestations de la maladie, mais c’est en tirer un réel enseignement pour une menée beaucoup plus
saine de sa propre santé, ayant de surcroît des répercussions sur l’ensemble de la collectivité. En fait,
conduire un « Chemin de Guérison » c’est conduire une politique de santé responsable et consciente,
qui de fait passe par une identification première du sens de l’événement maladie dans une existence,
puis par des mesures thérapeutiques adaptées et aussi par des mesures de juste hygiène : hygiène
physique, hygiène psychique et hygiène essentielle.
Un chemin de guérison, n’est-ce pas une triple réconciliation profonde en lien avec la nature même de
l’être humain.
• Réconciliation avec le corps : le corps malade est aussi le témoin de la façon dont nous sommes
avec ce corps, se réconcilier avec le corps c’est apprendre à prendre soin de lui, dans les
mesures thérapeutiques nécessaires, mais aussi dans une réelle hygiène attentionnée à ce corps.
• Réconciliation avec l’âme : notre âme c’est ce qui nous anime, à la fois une histoire passée,
mais aussi nos espoirs et aspirations. Traiter ses souffrances intimes, n’est-ce pas une hygiène
psychique cruciale ? Combien de dépressions et burn-out sont-ils le résultat d’une
« maltraitance » de l’âme, dont chacun est complice inconscient à sa façon, au nom d’une vieille
histoire. Cette réconciliation avec l’âme, c’est aussi convenir de nos « fragilités » d’être … Cela
va demander aux soignants confrontés à la souffrance humaine de ne pas négliger leurs propres
« épuisements »… Prendre soin du soignant que je suis c’est apprendre à vivre en paix avec les
limites, je ne peux donner au-delà de ce que je peux. Aider les autres ce n’est pas s’épuiser à la
tâche, c’est leur indiquer la route de leur guérison, ce n’est pas les porter comme un fardeau.
• Réconciliation avec notre essence même : c’est-à-dire s’ouvrir au sens même de son existence.
Et les événements récents, que ce soit la pandémie ou les désastres écologiques, posent au fond
la question de la bonne santé essentielle de l’Homme. Car peut-on continuer de croire que l’êtrehumain n’est pas affecté par les blessures profondes faites à la planète et aux autres êtres
humains ?
Et si le chemin de guérison de l’Homme était bien au-delà de la médecine ?
Et si elle était du registre d’une Médecine beaucoup plus fondamentale, dépassant la simple gestion de
la santé, et incluant dans la « bonne santé humaine » la dimension de son être intérieur mais aussi celle
du sens même de son passage sur Terre ?