La Leçon du Coronavirus

Gestes barrières, distanciation sociale, masque et gel hydro-alcoolique…Cicatrices de la pandémie, mais aussi angoisse de la seconde vague, recommandations incessantes et médiatisation de la peur du retour de cette « peste »…Et puis toutes les manifestations secondaires, refus du port du masque, la « guerre de la chloroquine », les comptes demandés aux gestionnaires de la crise sanitaire soi-disant sans précédent…

Tout cela interroge. Quel enseignement avons-nous vraiment tiré du coronavirus ? Allons-nous enfin accepter que toute « maladie », au-delà de ses manifestations et ses apparentes causes extérieures, est porteuse de sens et d’enseignement.Et pour que cette pandémie soit encore autant présente dans nos esprits, n’est-ce pas le signe que nous n’en avons pas encore mesuré tout le message ?

Il faudra sans doute du temps pour que chacun de nous s’interroge et qu’ensemble, nous nous questionnions sur cet événement. Je ne crois pas que nous serons « guéris » de cette maladie uniquement par l’apparition d’un traitement miracle, ou par un vaccin salvateur. Mais par un profond « chemin de guérison » individuel et collectif.

Que dit cette « cicatrice » qui demeure et qui nous dit :  » Tu n’es pas encore guéri, Homme ? « .

Elle dit d’abord : prenez-soin de vous, mais comment prendre soin de soi vraiment si l’on ne mesure pas pleinement qui l’on est avec le bagage de notre passé (individuel ou collectif) et avec l’espoir d’un accomplissement de notre être, et de l’humanité.

Elle dit aussi : prenez soin les uns des autres : Quel souci avons-nous vraiment des autres ? Ne sommes-nous pas entrés dans un égoïsme féroce et un ostracisme profond qui nous isole les uns des autres, ou qui nous relie à des amis virtuels ?

Elle nous interroge aussi sur les fondements de notre système de santé. Nous avons fait de la santé un « bien de consommation », n’est-il pas temps d’en faire une démarche active et responsable pour chacun de nous, que ce soit dans un souci d’hygiène juste, ou dans une volonté de faire de la maladie une occasion d’entreprendre un profond « chemin de guérison » individuel ?

Elle interroge les soignants sur leur vocation mais plus encore sur leur essence même. Nous avons choisi d’être au service d’êtres en souffrance, mais que savons-nous en vérité de ces êtres ? Que percevons-nous réellement des ces êtres ?

Ce que nous disent notre sens cliniques, et nos appareils sophistiqués qui nous offrent de réels moyens de diagnostic face aux maladies. Mais est-ce suffisant ? Que savons-nous de ces « êtres » en souffrance qui nous appellent ?

Peut-être est-il temps que s’instaure un véritable et profond chemin de guérison des soignants, quand il s’agit, en plus de ses capacités de performance professionnelle, de grandir en Connaissance de l’Homme, et en compassion profonde issue de son propre cheminement intérieur.

N’est-ce pas l’heure de s’engager dans une voie de renouveau des « Hommes-Médecine », avec la dimension d’Être qu’ils pouvaient avoir dans les anciennes traditions, enrichie de tous les moyens de la modernité et d’un élargissement de la Connaissance de l’Homme ?

Et puis l’on ne peut faire abstraction du bienfait pour l’environnement produit par le confinement. Là aussi nous sommes interrogés sur l’Homme dans une dimension éco-systémique, et une question se pose : un homme qui transforme sa maison en poubelle est-il en bonne santé ?

Au final, cette « maladie » qui nous invite à grandir nous interpelle d’abord à titre personnel, puis à titre collectif quant à notre organisation de santé et quant à la façon dont nous nous comportons avec notre système de santé, mais aussi à titre planétaire sur la tenue même de la bonne santé de notre planète, dont nous sommes responsables. Et si elle nous interrogeait fondamentalement sur la réelle « Bonne Santé Humaine »?

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