Inspiration

 

Mystère de la respiration.

L’on a un regard sur la respiration qui ne s’en tient qu’à sa dimension visible, un thorax qui bouge dans un certain rythme, des échanges gazeux dans les poumons, et des symptômes quand cela ne fonctionne pas bien. Et pourtant cette fonction biologique qui sert notre existence à longueur de journée contient une profonde connaissance fondée bien avant l’homme sur Terre.

Pour entrer en contact avec le mystère de la respiration, quand elle n’est pas seulement un échange gazeux, asseyons-nous quelques instants devant les arbres.

L’invention de la respiration date de ce lointain passé où le végétal régnait sur Terre. Et si les biologistes ont étudié la fonction chlorophyllienne qui permet l’échange entre gaz carbonique et oxygène, ce passage entre irrespirable et respirable, n’ont-il pas laissé de côté ce qui anime cette transformation ?

Cette fonction biologique du végétal existe sous l’influence de la lumière solaire. Elle est rythmée par l’alternance jour et nuit, et par les saisons. Soumis au rythme extérieur, le végétal vit un « dialogue avec la lumière » qui en même temps lui donne vie et donne sens à son existence par le service qu’il rend à la suite de la vie sur Terre.

Puis vint l’animal, cet être qui intériorisa le rythme de relation à la Lumière, puisqu’il allait pouvoir se déplacer et choisir entre ombre et lumière. La respiration se mit au rythme de l’intériorité animale, celle de ses instincts. Il recevait l’héritage du végétal et vivait grâce au végétal fournisseur d’oxygène.

Et puis vint l’homme, à qui il allait être offert de percevoir le monde et son ordre et de nommer chaque chose. Et ses mains se mirent à façonner le monde, et à traduire son inspiration dans ses œuvres.

Et peu à peu ce n’est plus tant la Lumière intérieure qui inspira l’homme, mais la brillance des richesses extérieures. Et ce fut une croissance.

Mais aujourd’hui nous avons rendu le monde irrespirable. Irrespirable par empoisonnement de l’atmosphère, par exploitation sans relâche des biens de la Terre, par intolérances idéologiques ou raciales de toutes sortes.

Et si nous nous remettions à entendre et tirer enseignement de la sagesse des arbres ?

Retrouvons un dialogue avec la Lumière, non plus seulement celle du soleil mais celle de nos consciences éclairées par le souci de justesse, par le souci de préserver l’héritage de toutes ces formes de vie qui nous ont précédé, et par le souci de protéger la suite de la vie sur Terre.

Apprenons à vivre au rythme de ce dialogue intérieur avec la Lumière qui nous habite et qui ne veut que servir la Vie, chacun à sa mesure et chacun à sa façon.

Découvrons le nouveau rythme de notre respiration, un temps d’inspiration pour entendre le souffle de la Lumière au-dedans, un temps d’expiration pour le traduire dans nos faits et gestes au-dehors et dans nos œuvres.

Et si la suite de la vie sur Terre était indiqué par cette nouvelle respiration attendue, alors peut-être que le « couronné- virus » nous invite à cette mutation profonde.

Après avoir rendu le monde irrespirable, offrons lui un nouveau souffle par le nouveau souffle des hommes, soucieux de bienveillance envers eux-mêmes, envers les autres et envers notre planète et ses habitants.

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