Hommes-Médecine, Sortez de l’Ombre !

L’Avenir de la Médecine est sombre ; et pourtant on nous annonce des lendemains qui chantent.
N’est-ce pas plutôt le chant du cygne pour la Médecine des Hommes, et le début du chant de gloire pour la Médecine des Machines ?
Elevons les yeux et posons notre regard sur le paysage de la Médecine.

N’assistons-nous pas à la main mainmise sur la santé des grandes banques de données qui vont peu à peu tout décider ?
Diagnostiquer les maladies, établir des pronostics et des protocoles thérapeutiques. En faisant fi des désordres statistiques ; au diable la personne, au diable l’individu.
La loi du plus grand nombre élimine l’expérience personnelle, le vécu propre à chaque malade.
C’est la maladie qui devient la cible, mais exit le malade et son lot de vécu personnel et ses interrogations de sens.
Peut-on demander à une machine, l’empathie, la perception de l’âme des Hommes ?

N’assistons-nous pas à une profonde maladie de la Médecine elle-même, comme en témoignent trente pour cent de médecins malades (dépression, burn-out, surconsommation d’anxiolytiques, voire troubles comportementaux) ?
La maladie quand elle atteint un corps à ce point est plus que sérieuse.
Même si l’on met en place des traitements symptomatiques (cellules d’écoute des médecins en détresse) ; cela ne résout en rien le problème de fond. Il ne s’agit pas seulement de quelques confrères en rupture psychique, mais un phénomène qui touche bien plus profondément le « corps » médical.
Et si c’était l’esprit même de la Médecine qui hurlait.
En appelant à un nouveau souffle, une nouvelle âme.
Un tout nouveau sens de ce qu’est être Homme-Médecine et non pas seulement exécuteur des œuvres ordonnées par les banques de données.

La solution ne viendra-t-elle pas de ceux qui souffrent dans leur art même, ceux qui aspirent à un nouveau souffle, tant ils sont essoufflés par une médecine du désespoir ?
Car n’est-ce pas une médecine du désespoir qui est en train de s’engendrer si l’on ne met pas face aux machines des êtres d’écoute, de bienveillance, de compassion, de cœur…
C’est un désespoir de chaleur qui se prépare quand la machine aura pris la main sur la santé, qui prendra la main du malade pour le consoler ?
Mais aussi désespoir de lumière, lorsqu’il ne restera que les réponses de la techno-science face aux questions que soulève chaque maladie : celle du sens.
Désespoir de l’Homme-Médecine démuni face à la souffrance des patients qui viennent demander aide, et démuni face à leurs propres souffrances.

N’est-il pas temps que les nouveaux Hommes Médecine se lèvent pour créer des îlots de résistance face à l’hégémonie de la Machine ?
Qui mieux que ceux qui souffrent dans le quotidien de leur exercice peuvent être moteur de ce renouveau ?

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