Coronavirus, quel est ton message?

Coronavirus : Quel message nous envoies-tu ?

Devant ce phénomène qui vient toucher le monde, je ne manque pas de m’interroger.

Depuis des années je vis avec cette certitude aussi bien personnelle que dans mon exercice de médecin. Depuis des années je le vérifies sans cesse: « aucune maladie n’est le fruit du hasard et des circonstances extérieures, elle est toujours le reflet d’une souffrance intérieure jusque là méconnue; et chacun peut tirer un enseignement de la maladie qui l’atteint pour sa santé et son existence ».

Loin de vouloir jouer les oracles, je voudrais simplement partager comment je perçois  cette pandémie

Partons des faits :

C’est un virus qui « attaque » le système respiratoire jusqu’à pouvoir provoquer une insuffisance respiratoire.

Il a surgi dans une zone de la planète souffrant d’une pollution majeure.

Il se répand dans le monde entier, pas après pas et d’abord dans des pays grands consommateurs, et grands pollueurs.

Et s’il ne soulignait que le monde devenu irrespirable et interrogeait l’homme sur sa responsabilité quant à ce monde « irrespirable » physiquement, psychiquement et spirituellement ?

Ces faits me mettent devant mon intime conviction: notre planète est devenue irrespirable et nous en sommes tous responsables. Ma responsabilité quant à ce monde irrespirable me semble impliquée dans trois domaines : physique, psychique et spirituelle.

Avançons d’un pas, pour tenter d’apercevoir la nature de ces trois irrespirables

  • L’irrespirable physique : entre grandes pollutions et réchauffement climatiques, déforestation massive et incendies nous rendons la Terre irrespirable. Les poumons de la Terre que sont les forêts sont en dangers. Il y a peu un bulletin du conseil de l’ordre des médecins titrait : « L ‘homme malade de l’environnement ». Et si c’était plutôt l’environnement malade de l’homme?
  • L’irrespirable psychique : entre « manipulation émotionnelle véhiculée par médias et réseaux sociaux, et ostracisme gagnant de toute part (c’est le règne grandissant du chez moi qui exclue l’autre).
  • L’Irrespirable spirituel : une grande majorité d’humains ont délaissé les valeurs humaines, spirituelles. Nous avons mis de côté notre inspiration, notre souci de l’autre et de la Vie sur Terre. Nous sommes de plus en plus accros aux écrans.

Ce virus nous met en arrêt : un grand stop dans nos vies est réclamé.

Un arrêt pour tourner en rond et s’angoisser ou un arrêt pour se mettre devant des questions essentielles ? Un arrêt pour aggraver notre téléphonite pour ne rien dire ou pour nous dire les uns aux autres dans des mots essentiels?

Toute maladie, qu’elle soit individuelle ou collective nous met devant des questions qui n’auraient pas pu se poser autrement (de quoi suis-je vraiment malade ? Et quels sont mes actes pour construire une réelle « bonne santé humaine » ?)

Il ne s’agit pas de dire voici ce qu’il faut faire et ne pas faire, mais seulement de témoigner comment – dans un souci de cohérence avec la conception de la médecine qui m’habite – j’essaie de tirer un enseignement de cette maladie collective, qui me concerne aussi individuellement.

Comme avec toute maladie, mes questions surgissent pour tenter de faire de ce virus un messager qui m’invite à me poser devant mon existence et à la conduire vers une « meilleure santé ». Je vous partage mon cheminement, mais à cet endroit chacun le sien :

  • Quelle nouvelle respiration ai-je à mettre dans ma vie physique ?
  • Une juste alternance entre « nécessités matérielles et prendre soin de mon corps dans une hygiène de vie plus juste ; activités physique, alimentation juste, et repos. C’est un premier acte d’un chemin de guérison auquel l’évènement virus me convie, prendre un vrai soin attentionné et aimant de mon corps.
  • Où est-ce que mon existence est dans un certain irrespirable psychique ou affectif ?
  • A cet endroit je m’arrête sur mes pensées, mes peurs (et c’est d’actualité en ce moment), mes révoltes, mes agacements et mes petites guerres avec les uns ou les autres. Là aussi un chemin de guérison m’attend pour donner sens à ces maux intérieurs et trouver des actes qui soignent mon « âme ».
  • Où est-ce qu’il manque à mon existence une respiration spirituelle, un nouveau souffle, une inspiration profonde qui donne sens à toute mon existence jusqu’à consacrer ma vie à cette cause qui me concerne ? N’est-ce pas le but ultime de tout « chemin de guérison » que de rencontrer le fond même de notre venue sur Terre et de l’accomplir, pour prendre soin des hommes, ou de la vie sur Terre ?

Alors, pour répondre à ces questions qui n’en finissent pas d’engendrer des réponses jour après jour, je n’ai plus qu’à faire ce qui est demandé à tous aujourd’hui créer des temps d’immobilité et de silence pour entendre ce qui parle en moi et pourrait conduire mon existence.

Ne nous y trompons pas, ce n’est pas simplement parce que nous allons rester confinés que nous vaincrons le virus, c’est aussi parce que nous ferons de ce temps d’arrêt une occasion de nous mettre devant nos questions essentielles que nous aurons une chance d’accéder à la réalité de la Guérison, guérison individuelle et collective. Et même si nous sommes chacun enfermés dans nos maisons, nous pouvons nous entraider grâce à ce que nous offre le monde moderne de moyens de communication. Partageons en sincérité nos questions et laissons-nous inspirer pour trouver des réponses.

Au-dehors il y a des gestes barrières et si au dedans il fallait faire tomber nos barrières et nous aider les uns les autres pour avancer sur un chemin de guérison qui concerne aussi l’humanité ?

Bien sûr qu’au-delà de nos questions personnelles, nous devrons nous mettre devant l’état de santé du monde dans lequel nous vivons et de la planète qui nous offre le gîte et le couvert…

Voici les questions qui m’habitent et aux quelles je suis loin d’avoir des réponses. Mais, je sais aussi que pour le pratiquer depuis de nombreuses années, les questions sincères attirent tôt ou tard des réponses de Vérité.

Allons nous apprendre à prendre soin les uns des autres dans une consommation et une production plus juste, et dans un retour à des valeurs essentielles d’humanité profonde; et cela on peut le commencer dès aujourd’hui.

Allons-nous – au-delà de cette épidémie – prendre l’habitude de nous rencontrer pour nous mettre face à nos questions essentielles et nous entre-aider dans un souci de réponses de vérité profonde ?

Allons-nous prendre soin de la planète et de la vie qu’elle abrite ?

Chacun de nous pourrait déjà prendre soin d’un lopin de terre avec attention et gratitude.

Le Coronavirus interroge aussi notre système de santé.

Voici depuis un moment que les urgences sont saturées, avec des cris d’alarme des professionnels.

Le coronavirus ne fait qu’accentuer le phénomène.

Notre médecine était surtout organisée pour seulement répondre à la maladie et surtout quand elle se déclare de façon parfois brutale.

Il lui manque une part d’humanité, qui intègre l’être humain dans toutes ses dimensions et qui conduise en plus de la médecine de soin à médecine du prendre soin, qui conduira à une pédagogie de la santé qui permettra à chacun de devenir acteur responsable de sa santé.

Beaucoup de recours aux médecins et aux urgences ne sont pas dus seulement à la maladie mais aux angoisses que la maladie réveille, et un certain nombre de manifestations pathologiques sont liées à une gestion parcellaire de sa santé ; à une absence de mise en sens et d’accompagnement humaniste.

Le monde de la santé fait bloc aujourd’hui, je ne peux que souhaiter qu’après cette crise il fasse chorus pour envisager enfin une autre « médecine », une médecine de l’homme responsable et adulte. Une médecine qui accorde une place aussi importante à soigner les malades qu’à leur apprendre à prendre soin d’eux en conscience. Le coronavirus ne fait que rendre encore plus visible la profonde crise du monde de la santé, mais il y avait déjà les signes avant, urgences saturées, burn-out des soignants et querelles de chapelle ; tout sera sans doute à repenser et il faudra entendre toutes les voix…Quand cette profonde poussée de fièvre sera passée.

En attendant prenons soin des soignants qui sont sur le terrain, ne les saturons pas de nos appels superflus, cherchons chacun à nous mettre face à notre propre « maladie » en profitant du confinement pour apprendre à prendre soin de nous, corps, âme et esprit ?

Et si nous avons une foi, prions pour eux et pour ceux qui sont atteint.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.