Appel à la responsabilité

La crise sanitaire actuelle interroge profondément l’Homme sur son devenir et sur le devenir de la vie
sur Terre.
Face à cette crise sanitaire des voix se lèvent et invitent chacun à sa responsabilité quant à la protection
de sa santé, quant à la propagation du virus.
Des voix se lèvent qui annoncent que des comptes seront demandés (il faut désigner des
« responsables » et ils auront des comptes à rendre).
Des voix se lèvent pour dire qu’après ne pourra plus être comme avant, et là aussi il faudra être
responsable pour construire cet après.
Mais en réalité cela nous renvoie chacun à notre propre responsabilité quant à cette crise majeure, à la
fois dans la survenue de cette crise et dans le face à face avec cette crise.
Cette crise est sanitaire, elle interroge l’homme sur la réalité de sa santé. Et si nous acceptons de
répondre à cet appel, cela nous engage à nous interroger quant à la conduite de notre santé individuelle,
et sur notre rôle dans la santé collective des hommes. Car il est aussi de notre responsabilité de
construire un après plus sain et plus juste.
Il est sans aucun doute temps de passer d’un « soin médical » pour aller mieux à un « prendre soin »
pour être mieux, au dehors comme au dedans.
Mais avant cela il faut convenir de ceci : rien ne sert de détourner le regard, il est temps de se mettre
face au miroir. Rien ne sert de s’accuser les uns les autres, à chacun de balayer devant sa porte et
d’assumer sa responsabilité quant à cette crise. Pour cela il faut donc prendre le risque du miroir sans
concession, préalable nécessaire à la construction d’un juste prendre soin de soi, des autres et de la
planète.
Tout commence par « prendre soin de soi » comme un terrain d’apprentissage pour ensuite se tourner
vers les autres et vers la Terre. (Ici nous allons tracer les grandes lignes du prendre soin, cela sera
illustré de façon concrète dans la rubrique « Partage ».)
Prendre soin de soi, c’est d’abord prendre soin de son corps, sans attendre qu’il cafouille, mais en étant
attentif à ses besoins. Par exemple, dans l’activité physique, il s’agit non pas de « je dois faire du
sport » mais bien de sentir de quoi mon corps a besoin dans l’instant. Ceci demande une écoute
attentive et bienveillante. S’asseoir cinq minutes et s’interroger, faire silence intérieur pour sentir ce à
quoi ce corps aspire. Il en va de même pour son alimentation ou ses repos. Non pas « faire un régime »,
mais sentir quelle est la juste alimentation de ce corps. Et cela se pratique jour après jour, sans
programme préétabli. Chaque jour un temps d’écoute et de réalisation de ces besoins du corps.
Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de son intériorité, se sentir en paix avec soi-même. Et dans
le contexte où nous sommes on peut s’interroger sur ce qui est « faux » dans son existence, En
commençant par : Quels sont mes manques, pour aller vers le plus juste.Prendre soin de son intériorité, c’est là aussi une écoute attentive et bienveillante à ce qui souffre en
nous, pour ensuite trouver un soulagement à ces souffrances intimes. Prendre soin de son intériorité,
c’est un pas à pas de découverte de sa propre intimité, c’est un voyage à la découverte de son
âme.
Il y a une chose étrange dans cette pandémie, les enfants ne sont quasiment pas touchés. Comme s’il
nous était indiqué que l’enfance de l’Homme est protégée, et qu’il fallait retrouver cette innocence et
cette pureté de l’enfance mais de manière plus consciente Perdre une certaine « intelligence scientifique
et docte » pour entrer dans un monde de perception sans commentaires et sans analyses.
Prendre soin de soi, c’est enfin prendre soin de son être essentiel, non pas seulement son apparence
extérieure mais du sens même de son existence. Ainsi nous sommes tous touchés par cette crise du
coronavirus et ses conséquences. Quel est l’après que nous allons mettre dans nos existences et dans un
partage avec les autres ?
Quelle contagion de bonne santé vais-je être ?
Cela demande de rentrer encore plus en soi, dans un silence et dans un état d’écoute pour sentir au plus
profond ce qui va construire ma bonne santé essentielle.
En tout état de cause, s’il nous est demandé de rester chez nous, il semblerait que de façon plus discrète
et subtile, il nous soit demandé d’entrer en nous pour entendre ce qui serait juste et bon pour mon
corps, pour mon âme et pour mon esprit.
Et si la nouvelle bonne santé humaine était à ce prix ?
Non pas en réglant des comptes, mais en nous invitant une nouvelle façon d’être sain de corps et
d’esprit.